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PHYTOESTROGENES ET MENOPAUSE

Phytoestrogènes et Ménopause
Conclusion
 

 
Au moment de la ménopause, la diminution de la sécrétion ovarienne entraîne un certain nombre de manifestations, regroupées sous le vocable de troubles climatériques : bouffées de chaleur, sudation nocturne, sécheresse vaginale.

Par ailleurs, sur le long terme, peut s’installer un processus de décalcification osseuse, d’augmentation de la pathologie cardio-vasculaire et de vieillissement de la peau.

Les phytoestrogènes qui sont en vente libre, sont proposés pour la prise en charge de certains des effets secondaires de la ménopause. Il nous a semblé intéressant de mieux connaître leurs mécanismes d’action.

Les phytoestrogènes sont des molécules d’origine végétale appartenant à la famille des flavonoïdes, et qui agissent comme des oestrogènes faibles chez la femme ménopausée.

Ils sont classés en 3 groupes :

les isoflavones avec comme molécules principales le Genistein et le Daidzen

les lignanes

les coumestranes.

Certaines plantes sont particulièrement riches en phytoestrogènes :

le soja, le thé et les légumineuses sont riches en isoflavones

les céréales complètes, les graines de légumineuses, les cerises, les pommes, les carottes, le fenouil sont riches en lignanes.

L’étude des pathologies dans les populations montre chez les populations consommatrices de soja :

une diminution des pathologies cardio-vasculaires

une moindre fréquence des bouffées de chaleur ainsi 25 % des femmes japonaises ressentent des bouffées de chaleur à la ménopause, contre 80 % chez les femmes américaines.

une moindre fréquence des cancers hormonaux dépendant (sein, endomètre de l’utérus, prostate) qui semble être corrélée à l’apport d’isoflavones dans l’alimentation : 50 mg en Asie et 5 mg en Europe.

L’ensemble de ces effets bénéfiques dans ces populations asiatiques semble lié à la consommation de soja, plante qui se caractérise par sa richesse en phytoestrogènes (isoflavones).

A noter que le mécanisme d’action des phytoestrogènes varie selon la présence ou non d’oestrogènes dans le corps. Donc, en fonction de l’imprégnation oestrogénique, ils agissent soit comme des anti-oestrogènes, soit comme des oestrogènes faibles.

Ainsi, pendant la vie génitale de la femme, les phytoestrogènes agissent comme des anti-oestrogènes en se fixant de façon préférentielle sur les récepteurs oestrogéniques et empêchant les oestrogènes « forts » secrétés par le corps de se fixer sur le récepteur du tissu cible, par exemple le sein. Cette protection est plus importante lorsque les phytoestrogènes sont apportés durant la pré-adolescence.

Par contre, chez la femme ménopausée, les phytoestrogènes agissent comme des oestrogènes faibles. Pour obtenir un effet sur les bouffées de chaleur, une dose d’isoflavones de 1 mg/kg est proposée par certains auteurs, sans dépasser 80 mg/j. Ce chiffre est à mettre en parallèle avec les apports d’isoflavones d’un régime japonais qui est d’environ 40 à 60 mg d’isoflavones par jour.

En conclusion

Les données des études épidémiologiques sur la population asiatique semblent pouvoir amener à recommander chez la femme ménopausée une alimentation pauvre en graisses saturées et riche en fibres et en soja.

Quant à la supplémentation chez la femme ménopausée de préparations de phytoestrogènes, elle se révèle surtout efficace sur les bouffées de chaleur.

Bien que distribués en vente libre, du fait de leur mécanisme d’action, leur sécurité d’utilisation gagnerait à se faire après avis médical puisqu’ils ont une action oestrogénique faible.

 

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